Nadia Geerts, Jamila Si’Mhammed et Guy Haarscher donneront une conférence-débat sur le
thème: L’avenir de la laïcité en Belgique : quels défis ? Au CCLJ, auditorium Jacob Salik de l'Espace Yitzhak Rabin - Rue de l'Hôtel des Monnaies 52 à 1060
Bruxelles, le mercredi 23 septembre à 20h30
Conférence - débat sur le thème "Séparation des cultes et de l’Etat. Une réalité en Belgique?", au Centre culturel de DInant, Salle Huybrechts, le jeudi 24 septembre 2009 à 19 h30, avec le Père Benoît CARNIAUX, Prieur de l’Abbaye de Leffe et professeur de théologie à Bruxelles, Madame Nadia GEERTS, Responsable du RAPPEL
(Réseau d’action pour la promotion d’un état laïque) et Monsieur YACOB MAHI, Enseignant de religion islamique. Animateur-médiateur: Monsieur Jean-Pol HECQ, Journaliste de la RTBF, spécialiste des questions socio-religieuses.
Organisation : Maison de la Laïcité de Dinant. Contact: Patrick STEVENS, 082/22-22-99, clad.dinant@netcourrier.com
www.laicite-dinant.be - Entrée : 2,50 €
Elie Cogan, Pierre Galand, Nadia Geerts et Chemsi Cheref-Khan participeront à une table
ronde à l'ULB le 12 novembre. Plus d'infos suivront
Chemsi Cheref-Khan donnera une conférence à Schaerbeek, à l' occasion des 175 ans de l' ULB, dans le cadre de l' exposition: " L'âge d' or des sciences arabes"? Expo du 15 octobre au 15
décembre; conférence le 20 novembre: " LA PENSEE MUSULMANE CONTEMPORAINE, ENTRE DOGMATISME ET LIBRE-EXAMEN ?"
Pas de signes religieux à l’école !
Communiqué de presse conjoint du Comité belge Ni Putes ni Soumises, de l’asbl Insoumise et dévoilée et du Réseau d’Actions pour la Promotion d’un Etat Laïque
Depuis plusieurs années, la question du port de signes religieux à l’école perturbe la rentrée scolaire. Aujourd’hui, à Dison, on en vient à examiner sérieusement la question de savoir s’il faut ou non accepter des fillettes voilées dans l’enseignement maternel et primaire. Quelques activistes ont engagé avec les écoles concernées un bras de fer dont les premières victimes sont les filles.
Nous saluons la décision du Conseil de l’enseignement de la Communauté flamande d’avoir pris la décision d’interdire le port de signes religieux dans l’enseignement qu’il organise et appelons la Communauté française à adopter enfin un décret similaire, seul à même de faire revenir le calme dans les écoles et d’assurer un droit égal pour tous et toutes à un enseignement de qualité.
Nous appelons à une manifestation à Bruxelles, le samedi 26 septembre 2009 à 11h devant le Ministère de la Communauté française, Place Surlet-de-Chokier 15-17, autour des mots d’ordre suivants :
« Pas de signes religieux à l’école »
« Non au marquage des filles »
« Non à l’immixtion du religieux à l’école »
Associations partenaires :
La maison de la laicite d'Angleur-Chênée
L'Interrégionale du Front Antifasciste
La ligue du droit international des femmes
Le Mouvement Education Populaire
Le Centre communautaire laïque juif
Le GERFA
Ni Putes Ni Soumises France
Pas de signes religieux à l’école !
Communiqué de presse conjoint du Comité belge Ni Putes ni Soumises, de l’asbl Insoumise et dévoilée et du Réseau d’Actions pour la Promotion d’un Etat Laïque
Depuis plusieurs années, la question du port de signes religieux à l’école perturbe la rentrée scolaire. Aujourd’hui, à Dison, on en vient à examiner sérieusement la question de savoir s’il faut ou non accepter des fillettes voilées dans l’enseignement maternel et primaire. Quelques activistes ont engagé avec les écoles concernées un bras de fer dont les premières victimes sont les filles.
Nous saluons la décision du Conseil de l’enseignement de la Communauté flamande d’avoir pris la décision d’interdire le port de signes religieux dans l’enseignement qu’il organise et appelons la Communauté française à adopter enfin un décret similaire, seul à même de faire revenir le calme dans les écoles et d’assurer un droit égal pour tous et toutes à un enseignement de qualité.
Nous appelons à une manifestation à Bruxelles, le samedi 26 septembre 2009 à 11h devant le Ministère de la Communauté française, Place Surlet-de-Chokier 15-17, autour des mots d’ordre suivants :
« Pas de signes religieux à l’école »
« Non au marquage des filles »
« Non à l’immixtion du religieux à l’école »
Associations partenaires (liste provisoire) :
La maison de la laicite d'Angleur-Chênée
L'Interrégionale du Front Antifasciste
Pas de signes religieux à l’école !
Communiqué de presse conjoint du Comité belge Ni Putes ni Soumises, de l’asbl Insoumise et dévoilée et du Réseau d’Actions pour la Promotion d’un Etat Laïque
Depuis plusieurs années, la question du port de signes religieux à l’école perturbe la rentrée scolaire. Aujourd’hui, à Dison, on en vient à examiner sérieusement la question de savoir s’il faut ou non accepter des fillettes voilées dans l’enseignement maternel et primaire. Quelques activistes ont engagé avec les écoles concernées un bras de fer dont les premières victimes sont les filles.
Nous saluons la décision du Conseil de l’enseignement de la Communauté flamande d’avoir pris la décision d’interdire le port de signes religieux dans l’enseignement qu’il organise et appelons la Communauté française à adopter enfin un décret similaire, seul à même de faire revenir le calme dans les écoles et d’assurer un droit égal pour tous et toutes à un enseignement de qualité.
Nous appelons à une manifestation à Bruxelles, le samedi 19 septembre 2009 à 11h (détails suivront), autour des mots d’ordre suivants :
« Pas de signes religieux à l’école »
« Non au marquage des filles »
« Non à l’immixtion du religieux à l’école »
Le R.A.P.P.E.L. et le Comité belge Ni Putes Ni Soumises ont répondu ce samedi à l'appel lancé par Karima ("Insoumise et dévoilée") et ont manifesté à Verviers pour exprimer leur soutien aux
écoles primaires de Dison ayant décidé d'interdire le voile et leur souhait que la Communauté française suive la voie ouverte ce vendredi par le Conseil de l'enseignement de la Communauté
flamande, qui interdit dorénavant le voile dans l'ensemble de l'enseignement organisé par ladite Communauté.
A l'issue de cette manifestation, Karima, NPNS et le R.A.P.P.E.L. ont décidé d'organiser samedi prochain à 11h une manifestation similaire à Bruxelles. Bloquez d'ores et déjà la date dans vos
agendas. Nous reviendrons bientôt vers vous avec plus d'informations.
Associations co-signataires :
Le R.A.P.P.E.L. (Réseau d’Actions pour la Promotion d’un Etat Laïque)
La Fédération des restos des cœurs de Belgique
Le Comité belge Ni Putes Ni Soumises
Le Groupement Belge de la Porte Ouverte
Les éditions Tribord
Le Comité Ni Putes Ni Soumises, Antenne de Liège
Le CCLJ, Centre Communautaire Laïc Juif
Regards de Femmes Ile de France
Particuliers co-signataires :
Pour les 500 premiers, voir article précédent
Associations co-signataires :
Le R.A.P.P.E.L. (Réseau d’Actions pour la Promotion d’un Etat Laïque)
La Fédération des restos des cœurs de Belgique
Le Comité belge Ni Putes Ni Soumises
Le Groupement Belge de la Porte Ouverte
Les éditions Tribord
Particuliers co-signataires :
Le 7 juillet dernier, Alain Destexhe et Claude Demelenne publiaient dans le Soir une carte blanche intitulée « Voile : où sont les progressistes ? ». Suite à cela, plainte pour incitation à la haine religieuse a été déposée auprès du Centre pour l’égalité des chances par Abdelghani Ben Moussa, coordinateur du groupe « Vigilance musulmane ».
Nous déclarons haut et fort que nous sommes solidaires des deux auteurs de la carte blanche. Elle n’exprime rien d’autre qu’une inquiétude légitime, partagée par beaucoup de nos concitoyens – quelles que soient leurs convictions religieuses ou leurs origines – devant la montée en force d’un « cléricalisme moyenâgeux maquillé en progressisme d’opérette » et du communautarisme.
Aujourd’hui, comme hier lors de l’affaire des caricatures danoises, c’est la liberté d’expression qui est en danger, prise en otage par ceux qui, drapés des habits de la tolérance et du respect, prétendent stigmatiser et museler quiconque a l’outrecuidance de penser autrement.
Pour couper court à ces manœuvres d’intimidation, vous aussi, réagissez : signez et faites signer cette carte blanche en guise de solidarité avec Claude Demelenne et Alain Destexhe.
Les noms des signataires (associations et particuliers) sont à envoyer à reseaulaicite@yahoo.fr.
A priori, tout nous sépare. D’un côté, un parlementaire libéral. De l’autre, un journaliste de sensibilité socialiste. En pure logique manichéenne, jamais nous n’aurions dû cosigner cette carte blanche, puisque nous appartenons à des « camps » opposés. Tout nous sépare-t-il, vraiment ? Certainement pas l’engagement, qui devrait être commun à tous les démocrates, en faveur de l’émancipation des citoyens, de l’égalité hommes-femmes et de la neutralité de l’État. Nous partageons la même inquiétude parce que cet engagement subit des ratés de plus en plus fréquents. Une partie des démocrates le placent entre parenthèses. Sur la question du voile islamique et, plus largement, de l’immixtion croissante de cléricaux rétrogrades dans la sphère publique, leur position est ambiguë. Par naïveté, aveuglement ou électoralisme, certains progressistes autoproclamés – certaines « féministes » aussi – relaient les thèses des musulmans rigoristes cherchant à autoriser presque partout le port du voile islamique : à l’école, dans les entreprises, dans les administrations, au parlement…
Le cas de Mahinur Özdemir (CDH), première parlementaire en Europe à siéger voilée, est révélateur de la dérive de certains « progressistes ». Cette élue voilée « peut être un modèle pour l’émancipation des femmes », a déclaré sans rire la députée écologiste, étiquetée très à gauche, Zoé Genot. Quel contresens ! Au-delà de cette déclaration abracadabrantesque, le moins que l’on puisse écrire est que la gauche et le centre gauche ne sont pas en première ligne pour défendre les conquêtes laïques et les droits des femmes, contestés par les partisans d’un islam rétrograde. Sur la scène politique, seuls quelques élus réformateurs défendent publiquement une position progressiste et appellent un chat un chat : l’apparition du voile dans une assemblée parlementaire constitue en soi une régression démocratique et un message désastreux envoyé aux femmes qui n’ont d’autre choix que de le porter. La Belgique apparaît aujourd’hui comme un laboratoire pour les militants islamistes. À l’aide de leurs compagnons de route, vrais ou faux naïfs « de gauche », ils pourront mettre un peu plus encore la pression sur les femmes musulmanes, sommées de donner des gages de « respectabilité » et de « pudeur » en portant le voile.
Bien au-delà du cas Özdemir, nous voulons en revenir à l’essentiel, évacué par les partisans d’un relativisme culturel anti-humaniste. Quelle est la signification du voile ? L’essayiste d’origine iranienne Chahdortt Djavann en a fourni l’explication la plus limpide : « Le port du voile est l’emblème, le drapeau et la clé du système islamiste. C’est autour du voile qu’une société islamiste peut se créer. Le voile est le meilleur moyen de gagner du terrain pour les islamistes. Avec le voile, les femmes… sont les biens des hommes musulmans… Une fois mise sur le marché, la fille voilée ne peut être acquise que par un homme musulman. Voiler la femme, c’est donner à voir non seulement le marché du sexe, mais le système qui le sous-tend. “Voilà les femmes que nous avons et que vous n’aurez que si vous vous convertissez à l’islam” : ce message vient des islamistes et s’adresse à tous les hommes susceptibles de le recevoir, ne serait-ce que parce qu’ils circulent dans la rue ou prennent le métro. Le voile est le meilleur instrument du prosélytisme islamiste » (1). Partout dans le monde, des femmes musulmanes se battent pour sortir de ce système islamiste qui cherche à les maintenir dans un statut de sous-homme. « Beaucoup de femmes musulmanes, écrit le philosophe Abdennour Bidar, préfèrent un
islam du cœur, de la vie privée, refusant un voile, même léger, qui demeurera toujours comme un instrument de “marquage” qui laisse sur elles l’empreinte d’un pouvoir subi de la part des hommes » (2). Ce sont ces femmes musulmanes, courageuses et souvent héroïques, que méprisent, chez nous, ceux qui multiplient les concessions aux musulmans rétrogrades. Nous ne pouvons nous taire lorsque les compagnons de route des islamistes traitent de « racistes » ou d’« islamophobes » les démocrates qui veulent bétonner les conquêtes laïques et défendre le droit de toutes les femmes. Ce terrorisme intellectuel est d’autant plus insupportable qu’il est souvent pratiqué par des militants dits « progressistes » qui, lors de la manifestation pro-palestinienne du 11 janvier dernier, dans les rues de Bruxelles, ont défilé aux côtés d’islamistes encensant le Hamas et le Hezbollah, appelant à la guerre sainte et hurlant des slogans antisémites. Les donneurs de leçons devraient, parfois, se regarder dans un miroir. Nous regrettons que tant de démocrates, socialistes, écologistes, humanistes, féministes, s’autocensurent face à la montée du cléricalisme musulman ultraconservateur. Nous espérons que leur silence sera bientôt rompu. Nous savons que dans tous les partis, de très nombreux élus ne supportent plus la chape de plomb imposée par les compagnons de
route des islamistes. Nous savons qu’ils sont nombreux à déplorer, qu’à Bruxelles particulièrement, les mosquées et les imams conservateurs, interviennent de plus en plus vivement dans le débat politique. Au point qu’aujourd’hui, il est devenu malaisé, pour un candidat d’origine arabo-musulmane, d’être élu, à Bruxelles, sans certificat de « bon musulman ». Il suffit de passer au crible les élus (et les non-élus) d’origine arabo-musulmane de certains partis démocratiques bruxellois pour comprendre. C’est tout sauf un hasard si certains, défenseurs d’un islam pas vraiment éclairé, sont élus, et si d’autres, pas assez conformistes pour bénéficier du soutien des mosquées, restent en rade. Nous appelons à un débat au sein des assemblées parlementaires dès la rentrée. Nous appelons à un sursaut : démocrates de droite ou de gauche, cessons de faire l’autruche face au retour d’un cléricalisme moyenâgeux maquillé en progressisme d’opérette. Les droits de l’homme et surtout de la femme sont en jeu, appartenons tous au même camp.
(1) Que pense Allah de l’Europe ? , éd. Gallimard, 2004. (2) Libération , 29 juin 2009.
Claude Demelenne
Alain Destexhe
Le R.A.P.P.E.L. (Réseau d’Actions pour la Promotion d’un Etat Laïque)
Chemsi Cheref-Khan
Nadia Geerts
Pierre Efratas
Yvan Biefnot
Sam Touzani
Anne-Marie Roviello
Jacques Lemaire
Bahareh Dibadj
André Nayer
Jamila Si M’hammed
Gisèle De Meur
Pierre Van den Dungen
Philipp Bekaert
Elie Cogan
Guy Haarscher
Dominique Celis
"En France, la Commission Stasi a permis de réfléchir sur la portée des signes religieux dans l'espace public, et a fini par décider d'interdire tous
ces signes au sein de l'école publique, pour protéger sa vocation républicaine et émancipatrice. Le débat a porté surtout sur le voile car il n'est pas seulement un signe religieux mais un signe
politique, l'emblème actuel de ceux qui soutiennent la régression des droits des femmes. Surtout lorsqu'il est porté librement et non imposé. Cet emblème n'a pas sa place dans le temple de
l'égalité qu'est l'école publique, mais peut se porter dans la rue, qui est un espace de liberté.
Qu'en est-il du parlement ? C'est une vraie question. Lorsque Christine Boutin, une député très catholique, a brandi la Bible en pleine assemblée pour justifier son opposition au PACS, cela avait
beaucoup choqué. Venir représenter le corps citoyen (y compris des citoyens qui n'ont pas voté pour vous) en voile, c'est une façon de brandir une vision rétrograde de la religion en permanence,
dans l'enceinte de la représentation nationale. Je ne sais pas s'il faut l'interdire, mais sans aucun doute mettre les partis qui ont pris l'initiative de mettre des militantes aussi rétrogrades
sur leurs listes devant leurs responsabilités."
Suite à la prestation de serment d'une députée voilée au Parlement bruxellois, il nous a paru utile de questionner
quelques spécialistes français sur la compatibilité éventuelle entre une laïcité politique proclamée par la Constitution - ce que le R.A.P.P.E.L.. demande - et le port de signes religieux
par les élus. Vous lirez ci-dessous les avis de Catherine Kintzler, Nadia Weiler-Strasser et Mohamed Sifaoui.
Est-il imaginable qu'en France aujourd'hui, un(e) député siège en arborant un signe d'appartenance religieuse ? En d'autres termes, la laïcité implique-t-elle ou non l'interdiction pour les
représentants du peuple d'afficher leurs convictions religieuses dans l'exercice de leurs fonctions ?
Catherine Kintzler
Philosophe, spécialiste de la laïcité
Pour ma part, j'ai toujours parlé, plutôt que de l'Etat, des espaces relevant de
l'autorité publique : cela comprend la représentation nationale.
On est en droit de supposer qu'un député a été élu par toutes sortes de citoyens de toutes origines et de toutes confessions, y compris par des incroyants, et même s'il a été élu sur un programme
ouvertement confessionnel, une fois qu'il est élu, il représente aussi ceux qui n'ont pas voté pour lui.
Enfin et surtout, dans le cadre d'un Etat laïque, un député ne peut pas voter n'importe quelles lois ni tenir n'importe quels discours ni faire n'importe quoi en matière de relations avec les
croyances et incroyances : il faut que ces lois soient conformes au régime laïque, et aucun représentant élu ne peut tenir un discours ou faire quelque chose qui contrevient à un principe qui
s'applique à la loi elle-même. Lorsque Nicolas Sarkozy élu président de la République française s'est permis de faire certaines déclarations dans les discours de Latran et de Riyad, il s'est fait
vivement critiquer.
Nadia Weiler-Strasser
Avocate et juriste de droit public
La question des possibles interactions entre les convictions religieuses d'un Parlementaire et les obligations découlant de son mandat, relèvent, en France, du droit constitutionnel.
Par application de la Constitution, il n'y a aucune interaction, s'agissant de deux domaines totalement séparés.
En effet, les Parlementaires (députés et sénateurs) sont l'émanation et les représentants du "souverain", le peuple.
De ce fait, la Constitution rappelle aussi qu'aucune section du peuple ni aucun individu ne peut s’en attribuer l’exercice.
Le Peuple souverain a décidé de la forme de son Etat dans la Constitution qu'il s'est donnée. Il a choisi de se constituer en République d'une part et en République laïque d'autre part.
En conséquence, aucun élu de la République ne peut violer la norme juridique suprême qui est la Constitution, adoptée par le peuple souverain. Sauf à modifier la Constitution elle-même par voie de référendum ou par vote des deux Assemblées réunies conformément à ce qui est prévu en la matière par la Constitution elle-même.
La remise en cause des formes de l'Etat français est interdite par le Code Pénal qui réprime sévèrement toute atteinte en ce sens.
Il va sans dire, en conséquence, que les élus représentent le peuple souverain dans son ensemble et non une catégorie de citoyens à raison d'une religion ou d'une autre particularité.
De ce fait, aucun Parlementaire (Député ou Sénateur) n'arbore ou ne présente une tenue vestimentaire particulière à une religion dans l'enceinte des Assemblées ou dans le cadre de ses fonctions.
Si une majorité de Parlementaires venaient à voter une loi portant atteinte à la laïcité, un groupe de député ou de sénateurs ou d'autres autorités instituées par la Constitution peuvent saisir le Conseil Constitutionnel qui peut censurer la loi comme étant contraire à la Constitution.
Un citoyen peut en faire de même mais en passant par les voies de recours normaux.
Si dans un litige, il estime que le principe de laïcité est violé par une loi qui n'avait pas été déférée au Conseil Constitutionnel, il peut demander à la dernière juridiction saisie (Cour de Cassation ou Conseil d'Etat) de renvoyer au Conseil Constitutionnel qui jugera de la conformité avec la Constitution et qui pourra annuler la disposition légale contraire au principe de laïcité garanti par la Constitution.
Au niveau des élus locaux (élus municipaux, conseillers généraux ou conseillers régionaux), la protection de laïcité peut passer par d'autres biais.
Ainsi, tout élu local, tout administré ou contribuable de la Commune, du Département ou de la Région, serait en droit de demander au Tribunal Administratif l'annulation d'une délibération prise au cours d'une réunion où aurait siégé un élu revêtu des insignes d'une religion.
Ce manquement au devoir de neutralité républicaine et en violation du principe de laïcité posé par la Constitution, peut en effet entraîner des conséquences au détriment des citoyens ou des finances publiques.
Ainsi, un citoyen, administré et contribuable, pourrait s'estimer lésé par une décision votée par un représentant d'une autre religion (si on décide par exemple avec les deniers publics de financer des travaux de rénovation d'un lieu de culte, subventionner une école privée etc...).
La participation d'un "adepte" d'une religion à une telle décision pour la faire voter pourrait aussi donner lieu à une plainte pénale pour prise illégale d'intérêts. En effet, l'élu qui aura voté une telle délibération aura eu intérêt à favoriser une opération en faveur d'intérêts particuliers (ici, ceux d'un culte).
Mohamed Sifaoui
D'abord mettons-nous d'accord sur une chose qui est de mon point de vue essentielle. Le
problème n'est pas posé en réalité par ce bout de tissu que certaines musulmanes veulent utiliser pour se couvrir la tête mais davantage par le symbole qu'il véhicule et le projet de société
qu'il représente. Le voile est en effet exigé par des courants de pensée qui sont porteurs d'un projet global qui rejette la laïcité. En effet, le texte idéologique, celui des wahhabites ou des
Frères musulmans, qui a convaincu cette femme de porter le voile, lui interdit également de se reconnaitre dans les principes de la laïcité et je dirai même dans les valeurs démocratiques.
Ensuite, dans ce cas spécifique, je crois que la France n'acceptera jamais qu'une élue soit voilée. Christine Boutin, fervente catholique et admiratrice de toutes les idées rétrogrades de
l'Eglise a eu beaucoup de mal à s'exprimer quand elle a brandi la Bible lors du débat sur le Pacs à l'Assemblée. Je pense qu'un représentant du peuple ne saurait représenter qu'une infime partie
de celui-ci. La conviction religieuse fait partie de l'intime et du privé et ceux-ci n'ont aucunement leur place dans le débat publique à fortiori quand celui-ci a lieu dans la représentation
nationale.