Communiqué de presse du R.A.P.P.E.L.

Publié le par RAPPEL

Plusieurs événements et incidents récents prouvent que la laïcité politique est, plus que jamais, au cœur du débat.

 

  1. Au sujet des déclarations du ministre Marc Tarabella relatives aux cours dits « philosophiques » à l’école :

Le Réseau d’Action pour la Promotion d’un Etat Laïque (R.A.P.P.E.L.) a pris connaissance avec intérêt des déclarations du ministre Marc Tarabella relatives aux cours dits « philosophiques » à l’école.

Sans se prononcer sur la place du sport à l’école, le R.A.P.P.E.L. est en effet partisan de l’instauration d’un cours permettant de dépasser les clivages confessionnels et convictionnels et destiné à favoriser  le vivre ensemble dans une société interculturelle. Il estime que les cours dits « philosophiques », reflets d’intérêts catégoriels, sont dépassés, et souhaite une école où la méthode scientifique et libre exaministe prévaudrait sur les spécificités culturelles, philosophiques et religieuses de chacun.

Face au danger toujours réel de dogmatisme et d’obscurantisme, face à la méconnaissance de l’autre génératrice des opinions préconçues et de l’intolérance, le R.A.P.P.E.L. estime que l’école a le devoir de favoriser le débat et la confrontation d’idées, la remise en cause des pseudo-certitudes et l’ouverture à l’autre. Pour ce faire, il est urgent de concevoir un lieu où tous les élèves, sans distinction aucune, se trouveraient rassemblés autour d’un projet essentiel : celui de faire de chacun un citoyen libre et responsable et une conscience autonome douée d’esprit critique.

 

  1. Au sujet de la plainte du MRAX contre Le Vif :

Le Réseau d’Action pour la Promotion d’un Etat Laïque (R.A.P.P.E.L.) s’étonne de la virulence des attaques du MRAX (ayant débouché sur une plainte devant l’Association des Journalistes Professionnels) contre la rédaction du Vif/L’Express suite à son enquête intitulée « Comment l’islam menace l’école » publiée le 29 août dernier.

Le R.A.P.P.E.L. estime que le titre de l’enquête du Vif/L’Express manque de nuance, pouvant de ce fait laisser croire abusivement qu’il n’existe qu’un seul islam, alors que ne sont pas rares les musulmans luttant en faveur de la laïcité politique, de l'égalité et de la mixité. Cependant, un tel constat ne suffit pas à discréditer toute l’enquête. Loin d’attribuer les problèmes rencontrés par certaines écoles et certains enseignants à l’islam en général, celle-ci se borne en effet à pointer des problèmes qui se posent dans certains établissements, du fait d’une fraction représentant le seul islam fondamentaliste. Ainsi est-il bien précisé que « le raidissement religieux et la contestation des cours ne se produisent pas n’importe où » ; un inspecteur constate que « nous ne sommes pas confrontés à un rejet massif des programmes », les écoles « ghettos » étant les plus sujettes à ce type de difficultés.

Qualifiant d’emblée les témoignages publiés dans cette enquête comme « une collation de casuistiques orientées », le MRAX semble en mettre en doute l’authenticité, voire la légitimité ; comme s’il était désormais interdit de dénoncer les problèmes réels, qui ne sont pas davantage à nier qu’à surestimer, que pose l’immixtion du religieux dans la sphère scolaire.

Dénonçant le fait que l’hebdomadaire se rende coupable d’ « appréciations de nature quasi théologique sur ce qu’est un islam bien ou mal compris », le MRAX semble accorder son soutien aux jeunes filles qui se présentent gantées en classe ou aux élèves qui contestent le contenu de certains cours.

Le R.A.P.P.E.L. estime quant à lui que la lutte contre le racisme passe par la mise sur pied d’une école réellement interculturelle, la dénonciation des extrémismes de tous poils – même religieux –, la dissociation du droit et de la foi, et la promotion des valeurs démocratiques que sont l’égalité et la mixité (sociale et sexuelle).

 

  1. Au sujet de la démission de Dan Van Raemdonck du Centre d’Action laïque :

Le R.A.P.P.E.L. constate que cette démission est attribuée à un désaccord entre l’intéressé et les représentants du « CAL historique » au sujet de ce que doit être la laïcité. Le R.A.P.P.E.L. se déclare perplexe devant la notion girouette de « laïcité ouverte » prônée par certains « rénovateurs », qui lui semblent de nature à relativiser la mixité sociale, culturelle, de genre et à entamer l'égalité de règles pour toutes et pour tous, qu’exige la laïcité politique.

Le R.A.P.P.E.L., qui a rénové et ranimé le débat en centrant toute son action sur la laïcité politique, et qui comprend aujourd'hui un millier de militants et de sympathisants issus de toutes les philosophies, agnostiques, athées comme religieuses, ne se sent donc aucunement concerné par les accusations gratuites de "prosélytisme antireligieux visant essentiellement l'Islam" forgées par le groupe d'auteurs du "Bon usage de la laïcité". Rappelons que la laïcité politique entend séparer les convictions philosophiques et religieuses (en ce compris la laïcité philosophique) du domaine de l'Etat."

 

Conclusion :

Le R.A.P.P.E.L. souhaite que le principe de laïcité politique soit inscrit dans la Constitution belge et dans les dispositifs légaux des entités fédérées. Il constate l'urgence croissant d'un large débat sur la laïcité de l'Etat et invite les citoyennes et les citoyens à y prendre massivement part.

 

Le manifeste du R.A.P.P.E.L.:

http://rappel.over-blog.net/pages/Manifeste_pour_la_promotion_dun_Etat_laique-130259.html

 

Pour le R.A.P.P.E.L.,

 

Chemsi Cheref-Khan

Nadia Geerts

Pierre Efratas

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