Dérives alarmantes au Conseil des droits de l'homme

Publié le par RAPPEL

Suite à l’adoption par le Conseil des droits de l’homme de l’ONU d’une résolution visant à « lutter contre la diffamation des religions », le R.A.P.P.E.L. fait part de sa vive inquiétude face aux dérives actuelles de l’ONU, dérives qui étaient déjà largement annoncées par le sommet de Durban I, en 2001, lequel avait vu le forum des ONG envahi par des tracts antisémites ou faisant l’éloge d’Hitler.

On assiste en effet à une instrumentalisation de la lutte contre le racisme, qui sert désormais à cautionner des limitations inacceptables à la liberté d’expression sous couvert de protection de la liberté religieuse ; un curieux concept, dont on peut s’interroger sur le sens et la pertinence dès lors que la Déclaration des droits de l’homme garantit déjà la liberté de conscience, la liberté d'expression et la liberté de culte.

Parallèlement, pas un mot n’est dit des minorités religieuses opprimées au nom de la charia ou des persécutions et exécutions d’homosexuels, et ce au nom du respect des cultures.

Si la résolution n'est pas légalement contraignante,  il n’en reste pas moins préoccupant qu’elle stipule que "la diffamation des religions constitue une grave atteinte à la dignité humaine menant à des restrictions de la liberté religieuse de ses adeptes et une incitation à la haine religieuse et à la violence". En effet, c’est de toute évidence la libre critique des idées, en l’occurrence des idées relatives à la religion, qui est désormais mise en cause.

Par le biais de cette résolution présentée par le Pakistan au non de l’Organisation de la conférence islamique (OCI), c’est bien l’universalité des droits de l’homme qui est mise en cause. Le sexisme et l’homophobie sont désormais considérés comme des particularités culturelles qu’on ne saurait dénoncer sans faire preuve de parti-pris « occidentalocentriste ».

Le texte de la plate-forme préparatoire à la conférence d’examen de Durban 2 insiste pareillement sur la traite transatlantique, sans dire un mot des négriers africains ou arabes. Et le seul pays à y être cité est Israël, comme si tous les autres pays membres  pouvaient se considérer comme exempts de tout reproche du point de vue des droits de l’homme – au Tibet, en Tchétchénie, au Soudan ou au Congo par exemple.

 

Il semble donc bien que le Conseil des droits de l’homme soit devenu un instrument permettant à certains pays de mettre en cause l’universalité des droits de l’homme au nom d’un relativisme culturel qui sert d’alibi aux pires exactions et aux plus honteux silences.

Rappelons pour terminer que les pays démocratiques sont minoritaires au sein de l’ONU, qu’ils financent pourtant dans une très large mesure.

La résolution récemment adoptée, visant à « lutter contre la diffamation des religions », doit nous pousser à nous interroger sur le sens qu’il y a à contribuer plus longtemps au détricotage des valeurs des Lumières par des pays et organisations dont les intentions sont à mille lieues de celles des fondateurs des Nations Unies.

 

Pour le R.A.P.P.E.L. (Réseau d'Actions pour la Promotion d'un Etat laïque)

http://rappel.over-blog.net/

"La laïcité à l'épreuve du XXIè siècle", Luc Pire, mars 2009

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lerusse 07/04/2009 18:39

Mais enfin, qu'attendent les pays occidentaux et démocratiques pour cesser de financer ou d'être membres de l'ONU, ce "machin" de toutes les dérives ?

pierre mestdagh 07/04/2009 16:22

Bientôt le retour de l'inquisition !