Commentaires au questionnaire – RWF-RBF

Publié le par RAPPEL

Commentaires au questionnaire - RWF-RBF

 

 

Rappel des résultats enregistrés :

 

Bosquet

Serge

Bruxelles

oui

oui

oui

oui

oui

oui

oui

oui

oui

oui

10

Nastasi

Agathe

Bruxelles + Europe

oui

oui

oui

oui

oui

oui

oui

oui

oui

non

9

Radart

Alain

Europe

oui

oui

oui

oui

oui

oui

oui

oui

oui

oui

10

Dehaybe

Liliane

Europe

oui

oui

oui

non

non

oui

oui

oui

oui

oui

8

Durieux

Paul

Liège

oui

oui

oui

oui

oui

oui

oui

oui

oui

oui

10

Pierlot

Yves

Liège

oui

oui

oui

non

non

oui

oui

oui

oui

oui

8

Jamart

Jean-Sébastien

Namur

oui

oui

oui

oui

oui

oui

oui

oui

oui

oui

10

Goffin

Joël

Tournai

oui

oui

oui

oui

oui

oui

oui

oui

oui

oui

10

 

Vous trouverez ci-dessous les commentaires à leurs réponses des candidats suivants:

 

Serge Bosquet (Bruxelles) 21

Jean-Sébastien JAMART (Namur) 22

 

 

Serge Bosquet (Bruxelles)

 

Bonjour,

  

Je vous retourne, ci-après, mes réponses à votre questionnaire sur la laïcité.

Je suis évidemment d'accord avec toutes vos propositions tendant à séparer au maximum le domaine des activités de l'Etat (temporel) et le domaine spirituel relevant uniquement de la sphère privée.

Toutefois, je ne crois pas en une volonté sincère des politiques belges d'oeuvrer en ce sens et d'insérer de telles dispositions dans les textes constitutionnels ou légaux.

Je crois que ce ne sera pas possible dans le cadre politique belge qui, à l'inverse de celui de la République française, a toujours (depuis 1830) favorisé le développement des communautarismes, qu'il soient religieux ou linguistiques, ou les deux en même temps.

Tout particulièrement à Bruxelles, le creuset laïc et républicain "à la française", inspiré des Lumières, intégrateur de toutes les différences au sein d'une unique communauté de citoyens, sera rejeté par la Flandre majoritaire, qui a intérêt à promouvoir des antagonismes de type ethno-linguistico-religieux, à faire de la diversité bruxelloise un écueil plutôt qu'un atout (il suffit de voir comment la Flandre nie le fait que, par exemple, un Bruxellois d'origine nord-africaine, musulman, etc., puisse être considéré comme un Bruxellois francophone). (La Flandre majoritaire qui, via le CD&V, est aussi celle du trône et de l'autel, ne l'oublions pas).

Le fait que la Belgique soit un Etat fédéral à seulement deux composantes essentielles (la troisième composante, qu'il s'agisse de la communauté germanophone, de la région bruxelloise, selon le point de vue où l'on se place, comptant pour peu pour ne pas dire pour rien) plutôt qu'à 15 ou 20 composantes (à l'instar, par exemple, des 26 cantons de la Confédération helvétique) rend le système fédéral belge non viable (car la même majorité de 60 % est toujours en mesure d'imposer ses vues à la même minorité de 40 %). 

Voilà, je me suis un peu éloigné du sujet initial (encore que, je le répète, beaucoup d'aspects sont liés), mais c'est le sens de mon engagement comme réunioniste et républicain. 

Bien cordialement,

  

Serge BOSQUET 

11ème candidat effectif à l'élection du Parlement de la Région de Bruxelles-capitale sur la liste du RWF-RBF

13ème candidat suppléant  à l'élection du Parlement de la Région de Bruxelles-capitale sur la liste du RWF-RBF

 

 

Jean-Sébastien JAMART (Namur)

 

Question 1

Oui, pour moi la neutralité du service public est essentielle. Comme fonctionnaire public, je n'ai jamais affiché mes convictions personnelles (d'ailleurs souvent contradictoires avec celles de l'Etat Belgique auquel j'ai prêté serment de fidélité, puisque je suis républicain dans un pays monarchiste et séparatiste dans un pays fédéral).

Sphère publique et sphère privée du fonctionnaire doivent absolument être étanches. A chaque fonctionnaire de « cloisonner » sa personnalité entre individu et représentant de l'Etat lorsqu'il est dans l'exercice de ses fonctions.

Sinon, où s'arrêter ? Comme fonctionnaire fédéral au Ministère de la Justice, j'ai dû par exemple défendre des textes juridiques en matière pénale (répression de l'immigration, « centres fermés », terrorisme) contraire à mes convictions politiques personnelles. Comme fonctionnaire, j'ai dû obéir à la politique de mon gouvernement et exécuter ses ordres, et comme citoyen j'ai manifesté avec d'autres citoyens contre cette politique.

 

Question  2

Oui, car outre l'aspect « neutralité » et « égalité d'accès » au service public, je crois que sur le plan pratique et des moyens humains et budgétaires, le service public ne pourra jamais se permettre d'être un service « à la carte » selon les croyances de tout un chacun ou l'ethnie, que l'on peut compter d'ailleurs par dizaines...

 

Question 3

Oui, la liberté d'expression est essentielle. Personnellement, si je récuse l'antisémitisme et le racisme que je combats dans ma modeste mesure, je pense néanmoins que les restrictions à la liberté d'expression, même sur ces sujets, sont dangereuses dans un régime dit de « démocratie libérale ». En effet, 2à ans après, on voit bien comment certaines associations essaient de « profiter » de la loi Gayssot en France et de la loi belge de 1980 en Belgique pour « assimiler » racisme et islamophobie en particulier, et ce afin d'interdire et de permettre de poursuivre pénalement la critique de la religion musulmane. Cela vaut évidemment pour la critique envers d'autres religions, mais il faut reconnaître que la religion actuellement « la plus problématique » à cet égard est bien la religion musulmane, dont les membres acceptent très difficilement la critique au point de lancer des fatwas. Assimiler l'islamophobie au racisme serait à mon sens une manière de « juridifier » en droit belge les fatwas religieuses. Ce qui est évidemment inacceptable dans une « démocratie libérale ».

 

Question 4

Oui. Je vais même plus loin que cette proposition, mais je suis sans doute très radical sur ce sujet de la laïcité. Pour moi, même s'il y a une « utilité sociale » avérée, il ne doit pas y avoir de financement public d'un culte ou d'une laïcité qui ne devraient s'adresser selon moi qu'aux individus dans leur intimité. Selon moi, si la société reconnaît une « utilité sociale avérée » à une activité d'une religion (charité, soins, etc...), cela est bien la preuve qu'un service public neutre et ouvert à tous peut prendre en charge cette activité à « utilité sociale » avérée. Dans cette hypothèse, c'est au service public de prendre les choses en main. En effet, qui nous dit qu'un culte qui serait financé pour une activité qui a une « utilité sociale avérée » n'utiliserait pas cet argent à d'autres fins plus religieuses. Comment contrôler ? Les « fidèles », s'ils ont vraiment la foi, n'ont qu'à financer eux-mêmes toutes les activités de leur religion...

Question 5

Oui. C'est une reconnaissance de fait du rôle des religions par l'Union européenne, que d' « accréditer » des lobbies et ONG religieuses au Parlement européen.  Que des députés aient des contacts privés avec des religieux est déjà critiquable si cela a des répercussions politiques, mais c'est la liberté de réunion... Par contre, les consulter systématiquement et leur donner un accès privilégié à l'enceinte du Parlement est vraiment critiquable. De plus, au vu des compétences matérielles de l'Union européenne, il est vraiment paradoxal que des lobbies religieux essaiment à Bruxelles et Strasbourg...

 

Question 6

Oui. Ce cours d'éducation civique ou de philosophie généralisée devrait être prévu au programme. D'autant plus que très peu d'élèves font de nos jours les gréco-latines, qui donnaient aux élèves des bases solides puisque orateurs et philosophes romains et grecs étaient étudiés en poésie et rhétorique dans les cours de grec et de latin. Malheureusement, cette proposition de cours commun à tous les élèves de philosophie ou d'éducation civique est un peu « l'Arlésienne » de l'enseignement en  Communauté française... (cf. proposition Hazette, livre de Somville)

 

Question 7

Oui, absolument. Accepter de « modifier » le contenu des cours en raison des préceptes religieux serait vraiment revenir plus de deux siècles en arrière, voire plus (cf. les créationnistes). L'obscurantisme contre les Lumières... Dans le cours évoqué au point 6, il faudrait d'ailleurs approfondir l'enseignement de la philosophie des Lumières.

 

Question 8

Oui, je comprends bien la nuance que Nadia Geerts a développée dans ses livres. Mais personnellement, je suis toujours extrêmement préoccupé de voir des personnes vouloir afficher en permanence par des signes extérieurs leurs croyances religieuses, y compris dans les espaces publics « non institutionnels ». Cela vaut pour d'autres comportements, comme l'affichage de son orientation sexuelle au cours de Gay Pride par exemple ou, pour aller plus loin, de manifestations de fierté d'appartenances « ethniques ». Je pense que dans une société ouverte, démocratique et tolérante, nous n'avons pas besoin d'afficher aussi ostensiblement ce qui nous différencie les uns des autres. Religion, sexe, préférences culturelles ethniques relèvent de la sphère privée et n'ont rien à faire dans les lieux publics, et a fortiori dans la sphère institutionnelle. Je pense qu'il y a un moment pour parler et évoquer toutes ces différences, et de les confronter sereinement : lors des débats politiques, au moment des élections. Une fois que l'égalité des droits est reconnue, suite au débat démocratique, par exemple entre les couples mariés hétérosexuels et les couples homosexuels, quel intérêt par exemple à proclamer urbi et orbi son orientation sexuelle ? De même, pour les religions, une fois la liberté de croire et de professer une religion librement dans des lieux de culte, à quoi bon vouloir se montrer juif, musulman ou chrétien ? Mais, je suis sans doute un vieux réac de la gauche républicaine du XIXème siècle...

 

Question 9

Oui, et même dans son article premier comme 50 km au sud...

 

Question 10

Oui, et comme dit à la question 8, également pour d'autres choses. L'école doit être un lieu pour les élèves de rencontre et d'échange, de respect des différences, d'ouverture à l'autre, d'acceptation d'une possible évolution personnelle, d'une émancipation ou d'un épanouissement.  Comment le faire avec sérénité si au début d'un débat ou d'un apprentissage, on s'affiche comme « ayant déjà choisi son camp » ? De même, pour les enseignants. A partir du moment ou l'enseignement n'est plus conçu comme la transmission unilatérale de la matière par l'enseignant, ou comme un « endoctrinement », mais plutôt comme un dialogue (même s'il y a évidemment prééminence de l'enseignant), comment faire cela et favoriser la progression des élèves si l'enseignant « affiche la couleur » et par là, semble ne pas respecter les différences de pensée ? La sérénité exige à mon sens la plus grande réserve des enseignants et donc entraîne l'interdiction dans leur chef d'affichage extérieur de ses convictions philosophiques, politiques ou religieuses.

 

 

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